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Complexité de l'affaire Disinfolab

Pourquoi l’affaire “DisInfoLab” est sûrement (encore) plus complexe qu’elle n’y parait ?

Le 8 Aout 2018, DisInfoLab publiait une étude intitulé “Affaire Benalla, les ressorts d’un hyperactivisme sur Twitter”, contenant notamment les pseudos d’utilisateurs de Twitter ayant posté au sujet de l’affaire Benalla, entre autres.

Les spécialistes Media le savent bien, chaque étude a un but et il suffit souvent de savoir qui a commandé une enquête pour en deviner le/les objectifs réels.

L’objectif affiché de DisinfoLab est plutôt clair : mettre en évidence qu’une minorité de personnes diffusant une information de manière massive peuvent avoir une influence démesurée…

Comme toujours dans ce genre de situation, l’intention initiale est certainement louable alors pourquoi la question est-elle devenue si épineuse ?

Qui est DisinfoLab ?

Le moins que l’on puisse dire est que DisinfoLab a eu droit à un sacré coup de pub. Personne ne connaissait cette ONG basée à Bruxelles, créée officiellement en décembre 2017.

Une rapide visite sur le site de DisinfoLab nous permet de découvrir la mission affichée de DisinfoLab :

to fight disinformation with innovative methodology and scientific support to the counter-disinformation community.

La mission est belle : luter contre la désinformation en utilisant une méthodologie innovante.

L’alignement de 4 planètes (au moins)

Une telle information aurait pu passer presque inaperçue mais il se trouve que plusieurs facteurs entrent en jeu et l’étude subit les conséquences d’un alignement d’au moins quatre planètes.

Planète “Affaire Benalla”
Quoiqu’en disent certains politiciens souscieux de vouloir la minimiser, cette affaire suscite, à minima, un grand intérêt. Même si tout le monde ne s’expriment pas sur les réseaux sociaux pour donner un avis politique, cette affaire a posé plusieurs questions; concernant un homme certes, mais concernant les pratiques de l’État. Je ne me prononcerai pas sur cette affaire mais nier l‘existence d’une affaire Benalla me parait absurde.

Planète “Censure”
C’est un fait, certaines publications au sujet de l’affaire Benalla ont été censurées, notamment sur Facebook (src: Figaro — http://www.lefigaro.fr/secteur/high-tech/2018/07/22/32001-20180722ARTFIG00112-affaire-benalla-un-site-satirique-accuse-facebook-de-censure.php).

Certes, Nordpresse est un site satyrique et par conséquent, les informations diffusées sont fausses (bien que parfois proche de la réalité). Mais certains utilisateurs de Facebook ont vu leurs publications tout simplement supprimées. Il devient alors facile de crier à l’atteinte à la liberté d’expression.

Pourtant, cette suppression pourrait bien ne rien avoir à faire avec l’affaire Benalla elle-même. En effet, Facebook a annoncé peu de temps avant l’éclat de l’affaire que le réseau social cherchait à supprimer les fake news. Nordpresse, devient donc, de par sa nature, un site de fake news revendiqué.

Difficile alors de savoir d’où proviendrait véritablement cette “censure”, ni si il devait y en avoir une, il n’en reste pas moins que cet événement est mal-venu.

Planète “RGPD”
Si vous ne savez toujours pas de quoi il s’agit aujourd’hui, sachez que vous y avez été confronté à de multiples reprises depuis le 25 mai 2018. En effet, les entreprises, associations et autres structures suffoquent en ce moment à vouloir (et surtout devoir) se conformer au Règlement Général sur la Protection des Données.

Un résumé très réducteur de ce règlement est que chacun doit être informé des données exploitées le concernant, au sein d’une structure. Il doit être informé de la finalité de cette utilisation et doit être en mesure de modifier/supprimer ces données.

Pour plus d’information : https://ec.europa.eu/info/law/law-topic/data-protection/reform_fr

Un pseudonyme est par ailleurs considéré comme une donnée à caractère privé.

Tout le monde est ainsi informé aujourd’hui de l’importance de maîtriser ses données. Tout le monde est également informé que les organisations ont des obligations quant à l’exploitation de ces données.

Se pose ainsi la question de savoir si DisinfoLab, qui utilise les données des utilisateurs de Twitter à d’autres fins que celles pour lesquelles ils se sont inscrits est en droit de publier une telle liste, qui plus est en catégorisant les personnes par classe.

Classes utilisées pour le classement des utilisateurs de Twitter de l’enquête de DisinfoLab

Planète “Twitter”
Certains utilisateurs de Twitter ont fait remarquer que le classement des hashtags populaires ont tendance à rétrograder voire masquer si ils sont liés à l’affaire.

Si cette information était confirmée, Twitter ne pourrait alors plus se cacher derrière le fait qu’il agisse en tant que plateforme où chacun est responsable de ses publications.

Twitter deviendrait alors un media qui diffuse une information dont il se rend responsable, de même que Facebook.

Là encore, cette information aurait pu avoir moins d’importance dans l’affaire DisinfoLab mais Twitter fait pas partie des sponsors de DisinfoLab.

Et Alors ?

La fameuse liste contient plus de 50000 Twittos au format brut. Si vous-même avait twitté dernièrement, peut-être en faites-vous partie ? Si chacun des utilisateurs de cette liste décidait d’entamer une action, les conséquences pourraient être rude pour DisinfoLab

Le sujet des données privées est extrêmement complexe et publier une tel enquête, avec tant de données est pour le moins maladroit de la part de DisinfoLab, surtout dans un tel contexte.

Il aurait été sans doute préférable de pouvoir tirer une conclusion anonymisée à cette analyse (bien que le respect des données privées serait resté un point d’interrogation) et de rester à un niveau Macro.

L’étude regorge par ailleurs d’informations intéressantes mais imaginons un instant que les enquêtes classiques d’opinion de la popularité du Président de la République laisse figurer les noms et opinions de chaque personne ayant été interrogée …

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